mardi 17 janvier 2012

Vive le Québec libre !

 
une  analyse du discours de Charles de Gaulle au Québec
 

Les Québécois et les Québécoises ont une histoire relativement jeune si on l`a compare avec d`autres nations comme la France, la Grande-Bretagne, l`Allemagne et bien d`autres. Le Québec a cependant vécu une multitude d`évéments politiques, économiques, militaires et sociaux qui rendent son histoire intéressante à étudier. L`éternel combat d`affirmation entre les français et les anglais au Canada a occupé depuis des siècles les débats politiques et sociaux et a mené à des luttes armées entre divers opposants. La décennie couvrant la période 1960 à 1970 aura été signifiante dans la montée de l`idéologie indépendantiste au Québec et les nombreux changements sociaux de cette époque démontraient bien les différences marquées entre les différents peuples du Canada. Un des évènements marquant de cette décennie s`est déroulé en juillet 1967 alors que le général français Charles de Gaulle a prononcé un discours rempli d` émotion aux Québécois du haut de l` hôtel de ville de Montréal. Ce discours demeure encore aujourd’hui une des interventions extérieures les plus retentissantes et les plus controversées de notre histoire et qui aura grandement nui dans les relations entre le Canada et la France. Le but de cette analyse est de se demander si le discours du président français aura réellement influencé les Québécois sur la cause indépendantiste.


Le discours du général de Gaulle à Montréal
« C’est une immense émotion qui remplit mon cœur en voyant devant moi la ville de Montréal française. Au nom du vieux pays, au nom de la France, je vous salue. Je vous salue de tout mon cœur ! Je vais vous confier un secret que vous ne répèterez pas, ce soir ici, et tout le long de ma route, je me trouvais dans une atmosphère du même genre que celle de la Libération.
Et tout le long de ma route, outre cela, j’ai constaté quel immense effort de progrès, de développement, et par conséquent d’affranchissement vous accomplissez ici et c’est à Montréal qu’il faut que je le dise, parce que, s’il y a au monde une ville exemplaire par ses réussites modernes, c’est la vôtre ! Je dis c’est la vôtre et je me permets d’ajouter, c’est la nôtre.
Si vous saviez quelle confiance la France réveillée, après d’immenses épreuves, porte maintenant vers vous. Si vous saviez quelle affection, elle recommence à ressentir pour les Français du Canada, et si vous saviez à quel point, elle se sent obligée de concourir à votre marche en avant, à votre progrès ! C’est pourquoi elle a conclu avec le gouvernement du Québec, avec celui de mon ami Johnson des accords, pour que les Français de part et d’autre de l’Atlantique travaillent ensemble à une même œuvre française.
Et, d’ailleurs, le concours que la France va, tous les jours un peu plus, prêter ici, elle sait bien que vous le lui rendrez, parce que vous êtes en train de vous constituer des élites, des usines, des entreprises, des laboratoires, qui feront l’étonnement de tous et qui, un jour, j’en suis sûr, vous permettront d’aider la France.
Voilà ce que je suis venu vous dire ce soir en ajoutant que j’emporte de cette réunion inouïe de Montréal un souvenir inoubliable. La France entière sait, voit, entend, ce qui se passe ici et je puis vous dire qu’elle en vaudra mieux.

Vive Montréal ! Vive le Québec !
Vive le Québec... libre !
Vive le Canada français Et vive la France ! »

- Charles de Gaulle à Montréal le 24 juillet 1967

Le contexte

Lorsque le général de Gaulle est arrivé à Montréal en 1967, la société québécoise vivait de profond bouleversement au niveau politique, social, économique et idéologique. Le début des années 1960 a été marqué par l` arrivé au pouvoir des libéraux des Robert Bourassa qui vont changer les structures du Québec en réorientant le rôle de l` État québécois. En effet, le premier ministre Bourassa a embrassé les principes de l` État-providence et à aider à la province à entrer dans la modernité en mettant les bases de la séparation de l`Église catholique et de l`État et en misant sur les politiques économiques keynésiennes. Ce brusque changement dans les valeurs de la société québécoise se fera donner le nom de Révolution tranquille et démontre bien que les changements ont été majeurs pour avoir le terme de révolution. Jean Lesage et son équipe ont d`abord redéfinie le système de santé et le système d`éducation pour sa province avec notamment la gratuité en santé avec la carte de l`assurance-maladie et la prise de contrôle de l`éducation par le gouvernement. Le PLQ aura aussi renoué avec les mouvements nationalistes provinciaux en misant sur la langue pour unir la population. De plus, de vastes travaux pour urbaniser le Québec en infrastructures seront lancés et cela va créer de nombreux emplois. Cette révolution sans arme aura remué le Québec et il serait faux de croire que ses brusques changements auront plu à tous au moment ou cela se passait. Le PLQ a d`ailleurs perdu les élections de 1966, mais les nouveaux dirigeants en place ont décidé de continuer le travail amorcé. Socialement, le Québec se réveillait.

Il y a aussi la montée du mouvement pour l`indépendance et la création du FLQ qui marque le début des années 1960.

En effet, plusieurs intellectuels se regroupent et forment le Rassemblement pour l`indépendance nationale (RIN) au début de l`année 1960 et comparent la situation du Québec à plusieurs pays qui vivent le contexte mondial de la décolonisation.

De plus, les statistiques de l`année 1961 démontre clairement que le peuple québécois est défavorisé comparativement aux anglais du reste du Canada : « entre les Québécois francophones et anglophones, l`écart de revenu moyen est de 35%. […] Le Québec, qui représente 27% de la population du Canada, n`en compte pas moins de 40% des chômeurs. En 1960 et 1961, le taux de chômage y dépasse les 9% de la main d`œuvre. Enfin, les francophones contrôlent moins de 20% de l`économie québécoise. » (Fournier, 1998, p.17-18). C`est alors qu`un mouvement patriotique frappe le Québec, autant chez les travailleurs, les étudiants que les politiciens.

La situation mondiale est aussi avantageuse à la cause du Québec car la décolonisation est à l`ordre du jour. Seulement en 1960, « 17 nations d`Afrique ont accédé à l`indépendance. Deux révolutions victorieuses, en Algérie et à Cuba, ont mis au premier plan la lutte armée comme moyen d`action privilégié » (Fournier, 1998, p.22). Il est évident que la lutte de Cuba, petite nation de 7 millions d`habitants, inspirera le FLQ dans sa cause et qu`il sera son modèle. C`est dans ce contexte que sera formé le FLQ, qui prône l`indépendance du Québec, suivi d`une révolution sociale.


Charles de Gaulle

« L’originalité exubérante de son personnage, l’ampleur de ses vues, les talents d’orateur, d’artiste et d’écrivain qu’il aura déployés pour les faire prévaloir, font sans doute de Charles de Gaulle le Français capital du XXe siècle » (Lacouture, Universalis)

Charles de Gaulle entre définitivement dans l`Histoire lors de la Seconde guerre mondiale alors que la France et son gouvernement, dirigé par Vichy, capitule face à l`armée d`Hitler qui lui permet d`occuper le territoire français. Il ne peut accepter que son pays ne se défende pas et « il fédère les très nombreuses factions de la Résistance au sein des Forces françaises de l`intérieur (FFI) ; cette unité et la part prise à la libération du territoire permettent à la France de conserver sa place dans la guerre et de sauvegarder son indépendance face aux Alliés » (Rioux, 2005, p.218). Il devient le héros français du XXe siècle et sa réputation est faite : « nous sentons le devoir de parler au nom de tous les Français bâillonnés dont le général de Gaulle incarne la volonté de la résistance et qui meurent pour que la liberté vive » (Amyot, 1998, p.402)

Après la guerre, il fonde la Ve république et il devient son président pendant une durée de 10 ans, soit de 1959 à 1969. Durant son règne, il s` oppose à la montée des deux puissances (États-Unis et URSS) et travaille pour une France libre et il dispose de l` arme nucléaire.
Il arrive à Montréal le 24 juillet 1967, sous l`invitation du premier ministre du Québec Daniel Johnson, dans le cadre des festivités de l`exposition universelle de Montréal, communément appelé expo 67.

Il y prononcera un discours qui ne laissera personne indifférents dans les milieux politiques.


La décortication du discours

Ce discours patriotique fait évidemment d`énormes allusions au passé entre la France et le Québec. Du début à la fin, le président de la République française fait appel au passé victorieux pour encourager le peuple québécois dans sa lutte contre les anglo-saxons. Il prononce : « en voyant devant moi la ville de Montréal française. Au nom du vieux pays, au nom de la France, je vous salue » et fait directement appel à la mémoire pour rappeler qu`il y a moins de 200 ans, cette province était française et que ses premiers habitants, nos ancêtres, étaient des français. Une autre phrase qui retourne au passé est celle-ci : « Si vous saviez quelle affection, elle recommence à ressentir pour les Français du Canada ». Le verbe recommencer rappel l`ancienne affection que les deux peuples se donnaient. Il continue en s`adressant directement à son auditoire et il tente de leur donner l`espoir que toute lutte peut être victorieuse et que lui-même croit en cette libération : « ce soir ici, et tout le long de ma route, je me trouvais dans une atmosphère du même genre que celle de la Libération ». Il dit clairement à la foule nombreuse de 100 000 québécois que son chemin qui l`a mené jusqu`à Montréal vibrait dans une atmosphère et que la Libération est survenue et qu`il croit que cela peut se passé au Québec.

Charles de Gaulle est un excellent orateur et il sait mélanger les termes historiques et techniques pour faire un bon mélange entre passé, présent et avenir. Ses paroles de juillet 1967 clament au Québécois qu`ils sont dans une période de changement et que la modernité est à leur porté de main et qu`ils peuvent prendre contrôle de leur destin. Il utilise des termes techniques comme : « j’ai constaté quel immense effort de progrès, de développement, et par conséquent d’affranchissement vous accomplissez ici [...] par ses réussites modernes ». Il inclut aussi le gouvernement du Québec et directement le premier ministre Johnson dans un partenariat pour genre de lutte de libération des peuples francophones : « elle (la France) se sent obligée de concourir à votre marche en avant, à votre progrès ! C’est pourquoi elle a conclu avec le gouvernement du Québec, avec celui de mon ami Johnson des accords, pour que les Français de part et d’autre de l’Atlantique travaillent ensemble à une même œuvre française. ».

Le général français y va aussi de quelques expressions qui peuvent sembler banales, mais qui ont toutes leurs sens et qui montre que de Gaulle, qui parle au nom de la France, veut réellement tisser des liens étroits et de longues durées avec le Québec : « La France entière sait, voit, entend, ce qui se passe ici et je puis vous dire qu’elle en vaudra mieux ». Il parle aussi au nom de la France quelque peu avant pour faire comprendre que la France reconnaît ses erreurs vis-à-vis le Québec et qu`elle est prêt à s`ouvrir les yeux : « Si vous saviez quelle confiance la France réveillée, après d’immenses épreuves, porte maintenant vers vous ».

Deux expressions obscures ont retenu mon attention dans ce texte.

Premièrement, « s’il y a au monde une ville exemplaire par ses réussites modernes, c’est la vôtre ! Je dis c’est la vôtre et je me permets d’ajouter, c’est la nôtre. » peu laisser l`auditeur, ou le lecteur quelque peu perplexe pour ce qui est de « c`est la nôtre ». Le général de Gaulle veut probablement, avec cette phrase, démontrer que la ville de Montréal et la France sont unis et que les efforts des uns rapporteront aux autres et vice-versa. Cependant, la France était dans le temps de la Nouvelle-France une métropole qui pratiquait le mercantilisme et le but de la colonie française était seulement d`enrichir la métropole et non de se développer socialement et politiquement.

Deuxièmement, « le concours que la France va, [...], prêter ici, elle sait bien que vous le lui rendrez, parce que vous êtes en train de vous constituer des élites, des usines, des entreprises, des laboratoires, [...] et qui, un jour, j’en suis sûr, vous permettront d’aider la France. » laisse aussi à réfléchir. Il indique que la France est prêtre à financer et à aider le Québec à se bâtir, mais laisse aussi entendre à un possible pacte économique qui nous encouragerait fortement à se développer au profit de la France, une certaine forme de mercantilisme. Mais encore, de Gaulle voulait probablement plus mettre de l`avant un accord économique entre le Québec et la France, tandis que le Canada avait plutôt des pactes avec la Grande-Bretagne et les États-Unis.


L`analyse

Dans le contexte qu`arrive Charles de Gaulle au Québec, ses objectifs étaient préétablis et il savait exactement ce qu`il s`en venait faire à Montréal. Il était engagé dans une lutte non armée et la situation du Québec cadrait parfaitement avec ses objectifs : « la guerre d’Algérie terminée, le général de Gaulle déploie une politique étrangère activiste, orientée vers l’affirmation de l’indépendance de la France et de son rôle dans le monde, ainsi que vers la remise en question de l’hégémonie des superpuissances et le desserrement de l’ordre mondial bipolaire qui encadre les relations internationales depuis le début de la guerre froide. » (Saul, 2006, p.70).

Charles de Gaulle prend alors le micro en juillet 1967 et seulement quatre mots prononcés par ce dernier « entraînent le départ précipité du Général et la quasi-rupture entre les deux pays (France et Canada) » (Lescop ,1981 ,p.51). Il s`agit du célèbre « Vive le Québec … libre ! ».

Le général français démontrait une certaine arrogance vis-à-vis le gouvernement fédéral canadien car il était le premier chef d`État à accepter deux invitations officielles, l`une d`Ottawa et l`autre de Québec. De plus, le président décide de faire son voyage au Québec en premier, ce qui confirme l`importante accordée par la France aux québécois.

Le gouvernement québécois aussi comprend l`importance de cette visite et fait tout pour un accueil dont les français se souviendront. D`ailleurs, le nouveau premier ministre Daniel Johnson, « qui vient tout juste de lancer son slogan « égalité ou indépendance », sait combien cette visite peut le servir dans sa recherche d`une égalité de statut entre les deux nations fondatrices du pays » (Lescop, 1981, p.52).

La visite du président ne se résume non seulement au discours prononcé à Montréal car ses 16 conférences que de Gaulle réaliseront durant son voyage. En bref, son argumentation se résumé à « premièrement, le caractère véritable français du Québec et de son peuple, […] deuxièmement, le réveil de ce peuple, […] troisièmement, le resserrement des liens entre ce peuple français et la France » (Lescop, 1981, p.54).

Lorsqu`il arrive à Montréal, il vit de fortes émotions et la foule y est pour quelque chose. L`ambiance y est survoltée et le climat de retrouvaille se lit sur tous les visages. Son discours, il le livre à l`auditoire et « le rassemblement de Montréal lui rappel l`atmosphère de la Libération » (Lescop, 1981, p.58) et c`est ainsi qu`il est emporté et lance le célèbre « Vive le Québec … libre ! »
Tout au long de son discours, la foule l`a interrompu à maintes reprises pour l` ovationner et tous, y compris le premier ministre, sont sous le choc et est ébahit devant le discours.

La réaction d`Ottawa ne se fait pas attendre et le gouvernement canadien condamne vivement cette intervention dans la politique intérieure du Canada et affirme que le Canada est un pays libre et qu`il n`a pas besoin d`être libéré. Rien pour désamorcer les tensions entre le Canada et la France, de Gaule décide d`annuler son voyage à Ottawa et préfère déjeuner avec le maire de Montréal. Il quitte le lendemain pour retourner dans son pays après avoir secouer les structures de l`État canadien.

En conclusion, il est évident à la suite de cette analyse que le général Charles de Gaulle a influencé la montée du nationaliste et de l`idéologie souverainiste au Québec. Pour de Gaulle, « le Québec est à un tournant de son destin […], il ne fait aucun doute que l`évolution qui s`est produite au Canada français depuis le début des années 1960, est en train de déboucher « sur l`avènement d`un peuple qui veut dans tous les domaines disposer de lui-même et prendre en mains ses destinées » » (Lescop, 1981, p.55). Depuis ce jour, le débat sur la souveraineté du Québec est toujours d`actualité et le peuple québécois a tenté deux fois, par biais de référendum, d`obtenir son indépendance du Canada. En 1995, seulement quelques milliers de votes ont donnés la victoire au maintien du Québec dans le Canada et nous savons aujourd’hui que cette élection référendaire à été rempli de scandales financiers et de commanditaires. Depuis deux ans, le gouvernement conservateur du Canada a reconnu le Québec comme une nation distincte du reste du Canada et à obtenu un siège d`observateur à l`OTAN. Cette lutte, parfois pacifique, parfois violente, entre le régime anglais et le régime français dure depuis la guerre de la Conquête. Cela dure donc depuis 250 ans et rien n`indique que le débat sera terminé dans un avenir rapproché.


Mikael St-Louis

*** Cette analyse a été faite en Avril 2010 dans le cadre d`un travail universitaire ***


Bibliographie


- Lescop, Renée. Le pari québécois du général de Gaulle, Montréal : Boréal Express, 1981, 218 pages.
- Rioux, Jean-Pierre, dir. Une histoire du monde contemporain. Paris, Larousse, 2005.
- Fournier, Louis. (1998). FLQ histoire d`un mouvement clandestin, Outremont, Lanctôt éditeur, 533 p.
- Lacouture, Jean. Charles de Gaulle, L`encyclopédie Universalis, http://www.universalis-edu.com/ency..., page consultée le 10 avril 2010
- Samir Saul « Regards officiels canadiens sur la politique étrangère de la France gaullienne, 1963-1969 », Guerres mondiales et conflits contemporains 3/2006 (n° 223), p. 69-91,http://www.cairn.info/article.php?I...
- Amyot, Éric, La bataille pour le Québec : Vichy, la France libre et les Canadiens français 1940-1945, thèse présentée à la Faculté des études supérieures de l`Université McGill comme exigence partielle du doctorat en histoire, http://www.uqo.ca:2087/pqdweb?index...

 

samedi 14 janvier 2012

Comment choisir la bonne option sans nuire à la cause indépendantiste?

Une courte analyse du PQ, de QS et d`ON





L`histoire du territoire où se situe aujourd’hui la province de Québec est riche en évènements qui ont marqué, non seulement l`histoire du Canada et de l`Amérique du Nord, mais aussi celle du reste du monde. Il y a évidemment eu les Amérindiens qui ont occupé exclusivement le territoire durant plusieurs siècles en harmonie avec le milieu naturel, et qui depuis l`arrivée de l`homme blanc en 1534 sont repoussés dans des réserves minuscules où ils se font assimiler par les valeurs qui sont véhiculées par l`Occident.

Depuis la Confédération de 1867 qui a créé le Canada, les deux « peuples fondateurs » (Canadiens anglais et Canadiens français) ont des visions différentes de la manière que le politique doit être gérée, ce qui a historiquement créé des conflits et des rivalités.

Le nationalisme québécois a d`abord été défendu par le Premier ministre Maurice Duplessis qui insistait ardemment pour que le gouvernement fédéral n`intervienne pas dans les champs de compétences de la province et en créant le drapeau québécois et en percevant ses propres impôts.
Durant la Révolution tranquille, le nationalisme québécois a pris une autre tournure lorsque la classe politique a voulu rendre les Québécois « maîtres chez eux » en les propulsant dans des postes clés et en reprenant en main leur économie qui était dans les mains des Anglais du ROC (Rest of Canada). Cette prise de conscience du peuple québécois dans les années 1960 aura donné un énorme sentiment de réussite et l`idée commençait à circuler que le peuple québécois serait capable de se gouverner par lui-même en décidant ses propres lois et en percevant ses propres impôts ; et le moyen de réaliser l`autodétermination du Québec serait de se séparer du Canada et de créer son propre pays souverain.
La création du PQ dans les années 1970 aura été l`élément déclencheur de ce mouvement de contestation qui réclame que la majorité, sinon la totalité, des pouvoirs politiques soient remis au Québec. 40 ans plus tard le débat est toujours aussi intense quant à savoir si le Québec devrait réclamer son indépendance et plusieurs partis politiques provinciaux proposent différents moyens pour y parvenir.

Même si la majorité des médias clament haut et fort que la question nationale n`intéresse plus la population, cet enjeu est historiquement le plus important, bien plus que le remboursement de la dette ou de la gestion de la crise économique car tous ses enjeux sont reliés à l`indépendance du Québec. Le Parti Québécois, Québec Solidaire et Option nationale ont tous leur proposition pour accéder à l`indépendance, analysons-les !

Parti Québécois (PQ)

Depuis sa création par René Lévesque dans les années 1970, le Parti Québécois a opté pour un mode d`accession à l`indépendance par voie référendaire, ce que le parti a tenté par deux fois durant son histoire (défaite en 1980 et 1995). Depuis le départ d`André Boisclair et l`arrivée de Pauline Marois comme chef du PQ, la stratégie a quelque peu changé : le PQ opte désormais pour la gouvernance souverainiste, ce qui implique de demander au gouvernement fédéral le rapatriement des pouvoirs pour le Québec avec comme objectif de reprendre les pouvoirs dus ou bien espérer le refus du fédéral pour que la population demande un autre référendum. Pour arriver à leur objectif, le PQ a opté pour une stratégie en 4 points :
1. Combattre les intrusions du gouvernement fédéral
2. Assumer pleinement tous les pouvoirs que nous avons déjà
3. Occuper et à redéfinir l`espace législatif partagé avec Ottawa
4. Acquérir de nouveaux pouvoirs
Le Parti Québécois de Pauline Marois avec sa stratégie de gouvernance souverainiste affirme que la province ne peut plus tolérer les intrusions d`Ottawa dans les champs de compétences exclusifs, comme l`éducation, la santé et les politiques familiales. Pour ce faire, le PQ exigera le retrait d`Ottawa dans ses programmes avec compensation financière équivalente et le gouvernement provincial pourra ainsi décider où il investit ses capitaux. De plus, les péquistes proposent l`élaboration d`une Constitution québécoise ainsi qu`une citoyenneté québécoise pour les habitants de la Belle province. Ces gestes importants auraient comme conséquence d`affirmer pleinement les valeurs québécoises, dont la langue française avec le renforcement de la loi 101. Aussi, le parti souverainiste prône un partage des pouvoirs comme en immigration pour mieux intégrer les nouveaux arrivants.


Québec Solidaire (QS)

Le parti de gauche Québec Solidaire, qui est représenté par le député de Mercier Amir Khadir à l`Assemblée nationale, propose un mode d`accession à l`indépendance en optant pour une assemblée constituante qui aura comme finalité une consultation populaire dont les conclusions seraient soumisses par référendum et ou Québec Solidaire y défendrait l`option de la souveraineté en travaillant auprès de la population pour viser à construire un soutient majoritaire à l`Indépendance.
La première démarche consistera à l`élection au suffrage universel d`une assemblée constituante où différentes composantes de la société québécoise seront représentées. Cette assemblée aura comme principale tâche « d`organiser un processus de démocratie participative pour consulter la population sur son avenir politique et constitutionnel de même que sur les valeurs et les institutions politiques qui y sont associés » (programme Québec Solidaire). Son mandat sera de « définir les valeurs essentielles, une charte des droits sociaux, écologiques et économiques et la structure des institutions politiques nécessaires à la représentation du peuple québécois. Québec Solidaire y défendra l`option de réaliser la souveraineté du Québec » (programme Québec Solidaire). Les conclusions de cette assemblée constituante seront soumisses par voie de référendum et le peuple choisira ou non s`il adhère à ce projet de pays. Le peuple autochtone sera aussi inclus dans le processus et ils auront la possibilité de s`autodéterminer et leur droits ancestraux seront aussi reconnus. Québec Solidaire va aussi promouvoir le droit du Québec à la souveraineté auprès des autres pays sur la scène internationale.

Option Nationale (ON)

Le nouveau parti indépendantiste créé il y a quelques mois est le résultat d`un mécontentement et de découragements de plusieurs indépendantistes face au Parti Québécois de Pauline Marois et de sa gouvernance souverainiste. L`ancien député péquiste Jean-Martin Aussant est le chef d`Option Nationale et propose de rapatrier immédiatement les pouvoirs qu`il nomme L-I-T (lois, impôts, traités) en faisant en sorte que ce soit le gouvernement québécois uniquement qui adopte l`ensemble des lois sur son territoire, qu`il signe lui-même les traités internationaux qui le lie avec les autres nations et en instaurant un rapport d`impôt unique. Aussant l`avoue clairement ; le gouvernement fédéral va s`opposer à cette stratégie et Option Nationale se verrait dont dans l’obligation de faire adopter une Constitution québécoise qui serait adoptée par le peuple québécois et qui contiendrait une déclaration de souveraineté du Québec.

Pour ce qui est de la Constitution, Option Nationale insiste sur le fait que la participation du peuple québécois sera essentielle, ainsi que celle des experts dans leurs domaines respectifs pour que le plus grand consensus existe autour de ce projet. Pour Option Nationale, « cette constitution contiendra notamment une déclaration de souveraineté du Québec, de même que la reconnaissance des valeurs fondamentales telles que l`égalité hommes-femme, la justice sociale, le bien-être des ainés, la protection de la langue française, la laïcité des institutions et le respect rigoureux des principes du développement durable.

Analyse


Idéologies

Les 3 options présentées offrent des alternatives différentes pour arriver au même objectif ; la création du pays nommé Québec et qui aurait comme territoire la province du Québec. Il faut cependant comprendre que ses trois partis ont sur d`autres enjeux des idéologies complètement différentes et cela fait en sorte qu`ils n`attirent pas le même électorat. Historiquement, le Parti Québécois a souvent penché vers l`idéologie de centre-gauche pour se diriger vers le centre-droite depuis que Lucien Bouchard a été chef de ce parti. Le PQ étant une véritable machine électorale et qui se dit être une coalition de souverainiste de toutes les idéologies, a quelque peu perdu ses racines historiques pour tenter de plaire aux plus grands nombres d`électeurs possibles avec comme objectif principal de prendre le pouvoir. Le PQ compte dans ses rangs des gens de toutes les idéologies : gauche, centre, droite.

Québec Solidaire quant à lui est un parti plus récent sur l`échiquier politique et résulte d`une fusion entre l`Union des Forces Progressistes (Amir Khadir) et Option Citoyenne (Françoise David). Ce parti ne se cache aucunement pour démontrer son idéologie qui est véritablement de gauche dans la majorité des enjeux comme la santé, l`éducation, l`environnement, la justice sociale et ne se plie pas devant les élites et les médias de ce pays dans le but d`attirer une plus grande part de l`électorat. Québec Solidaire propose des solutions pour une équité sociale comme la gratuité scolaire, la nationalisation de nos ressources naturelles et l`amélioration de la Loi 101. Ce parti de gauche englobe et attire le monde communautaire à s`impliquer dans leur cause sociale au moyen de leurs nombreuses organisations communautaires, solidaires, féministes et syndicales. Et même si les membres de Québec Solidaire ont appuyé la résolution de souveraineté dans leur programme, il faut aussi comprendre que ce parti est composé aussi de fédéralistes qui se définissent de gauche et qui se reconnaissance dans Québec Solidaire même s`ils ne sont pas en accord avec tous les points du programme.

N`oublions pas Option Nationale qui vient tout juste de sortir ses première propositions en vus de son premier congrès qui aura lieu dans les prochains mois. Après une lecture attentive de ce préprogramme, j`en viens à la conclusion que ce nouveau parti indépendantiste en est un de centre-gauche, mais qui penche plus vers la gauche que le centre. Même si Aussant est un économiste de formation et qu`il croit au système capitaliste, la plupart de ses propositions tendent vers la gauche comme Québec Solidaire le propose avec la gratuité scolaire, un moratoire complet sur l`extraction des gaz de shales et la nationalisation des ressources naturelles. Même s`il s`agit d`un jeune parti, Option Nationale attire présentement une grande part des jeunes en bas de 30 ans et qui sont des « souverainistes purs et durs ». Aussant s`en dit très fier et il compte aussi sur l`appui de la députée et épouse de Jacques Parizeau, madame Lisette Lapointe, ce qui sous-entend que l`ex chef très populaire doit apprécier la création de ce nouveau parti. Pierre Curzi risque aussi fort de se joindre à l`aventure de ce nouveau véhicule pour la promotion de l`Indépendance du Québec.


Les meneurs

Pauline Marois est la députée de Charlevoix et la cheffe du Parti Québécois depuis 2007. Elle a débuté sa carrière politique pour le PQ en 1981 et elle n`a jamais changé d`étiquette politique, malgré quelques démissions après des courses à la chefferies infructueuses. Elle est la chef de l`Opposition officielle à l`Assemblée Nationale et son adversaire politique de toujours est la cause fédéraliste soutenue par le Parti Libéral du Québec.

Son plan de gouvernance souverainiste est vivement contesté depuis l`été 2011 et a mené à la démission de 5 députés péquistes et l`exclusion de 3 députés péquistes du caucus du PQ. Le Parti Québécois est à son plus bas dans les intentions de vote avec moins de 20% des appuis de la population, du jamais vu pour cette formation politique. Une véritable crise de leadership a lieu au PQ et personne ne peut prédire l`avenir, mais selon toute vraisemblance Pauline Marois devra démissionner prochainement sinon il risque d`arriver la même chose au PQ qu`au Bloc Québécois lors des élections fédérales de mai dernier. Gilles Duceppe serait probablement appelé en sauveur, mais une course à la chefferie devrait avoir lieu pour que l`ancien chef du Bloc ait toute la légitimité nécessaire pour relancer le parti de René Lévesque.

Amir Khadir est l`exemple parfait d`une intégration parfaite dans la société québécoise. Il est effectivement né à Téhéran en Iran et à une formation en physique et il est aussi médecin. Élu en 2008 dans Mercier sous la bannière de Québec Solidaire, il est le co-chef de son parti avec sa collègue Françoise David. Même s`il est seul à l`Assemblée Nationale sous la bannière de Québec Solidaire ce qui lui donne le titre d`indépendant, Amir Khadir a pourtant une voix qui résonne dans la politique québécoise. Il est au cœur de plusieurs enjeux ou la contestation citoyenne bat son gré comme dans les enjeux comme l`exploitation des gaz de shales, l`entente entre Pierre-Karl Péladeau et Régis Labeaume pour la construction d`un aréna, le Plan Nord et plusieurs autres. Il est souvent seul à dénoncer les injustices du système, ce qui montre souvent les faiblesses du Parti Québécois. Il est évident que la prochaine élection sera importante pour QS, mais il ne faut pas s`attendre à de grands miracles. Le parti de gauche fera élire quelques députés sans plus, mais leur ascension lente sera certainement profitable pour la population et la justice sociale.

Jean-Martin Aussant a aussi été élu en 2008 dans le comté de Nicolet-Yamaska sous la bannière péquiste. Il était le porte-parole en matière d`économie jusqu`à temps qu`il démissionne en milieu d`année 2011 lorsqu`il a constaté que le Parti Québécois n`avait plus véritablement la cause souverainiste comme objectif principal et que le parti était rendu trop électoraliste. Il a décidé de fonder un nouveau parti indépendantiste qui se nomme Option Nationale. Il est difficile de savoir quel impact aura ce parti car il est pratiquement censuré par les médias, mais il parait évident que ce nouveau parti attirera les jeunes indépendantistes et les déçu du Parti Québécois.

***

En conclusion, il est pertinent d`insister sur le fait que toutes ses options présentées dans cette analyse démontrent bien que l`option de la souveraineté est loin d`être morte et ce même si la majorité des médias-monopoles tentent de faire passer ce message en appuyant ouvertement la CAQ de Legault. Même si le « Oui » est présentement à 40% dans les intentions de vote, il ne faut pas oublier que les Québécois changent rapidement d`idées selon le contexte dans lequel ils sont. Il y a quelques années seulement avec l`arrivé de Boisclair comme chef du PQ, l`option du « Oui » avait dépassé le seuil des 50% alors l`arrivé de nouveaux acteurs politiques qui ont comme conviction l`indépendance du Québec ne peut que remettre le débat à l`ordre du jour politique et médiatique. Cependant il faut être conscient que la multiplication des partis qui sont pour la souveraineté divisera quelques peu le vote et qu`une sorte de coalition sera peut-être nécessaire pour s`assurer de bloquer le chemin aux fédéralistes du Parti Libéral et de la Coalition Avenir Québec.

Mon scénario parfait de coalition des forces souverainistes serait d`avoir une entente qui aurait comme principe d`avoir les idées indépendantistes du programme d`Option Nationale sous la bannière électorale du Parti Québécois avec Amir Khadir comme chef. De cette façon, le programme présenté par la Coalition en serait un vraiment indépendantiste, représenté par un parti avec une longue histoire et dirigé par un chef populaire et ethnique, les ingrédients seraient réunis !

Mikael St-Louis
30 novembre 2011

vendredi 13 janvier 2012

Qui a orchestré la fermeture du compte facebook de Jean-Martin Aussant ?

OÙ est Jean-Martin ?



Depuis quelques jours, les utilisateurs du site de réseautage « Facebook » qui avaient comme « ami » le député indépendant de Nicolet-Yamaska Jean-Martin Aussant n`ont plus accès à son profil où ils pouvaient suivre l`actualité et les projets d`avenir du député démissionnaire du Parti Québécois. En fait, même le principal intéressé n`a plus accès à cet outil qui lui permettait de transmettre ses messages à un public qui devenait de plus en plus important au cours des dernières semaines. La raison ? Selon « Facebook » un nombre important de signalements pour exiger la fermeture du compte de Jean-Martin Aussant provenant d`utilisateurs inconnus (? !) aurait poussé le site de réseautage à fermer définitivement son profil d`utilisateur et ainsi l`empêcher de s`exprimer librement sur les sujets de son choix.

Il faut comprendre qu`un compte facebook ne se ferme pas si facilement que cela et qu`il faut un nombre important de signalements, très important, pour obliger les administrateurs du site à bloquer un utilisateur. Et lorsqu`on veut signaler un compte indésirable, il faut cocher des cases expliquant les raisons qui nous poussent à vouloir faire bloquer cette personne. Voici les options et jugez par vous-même si cela peut s`appliquer à Jean-Martin Aussant :

- Il s’agit de mon profil mais je n’y ai plus accès
- Ce profil prétend être une personne qu`il n`est pas réellement
- Photo de profil inappropriée
- Cette personne m’attaque
Il est clair que les 3 premières options n`ont aucun lien avec le député de Nicolet – Yamaska et que la quatrième parait absurde. Maintenant les questions qui se posent sont pour quels motifs et sous quels prétextes des gens ou un groupe ont orchestré la fermeture du compte « facebook » de Jean-Martin Aussant ?

Pour répondre à ce questionnement, éliminons les groupes qui n`auraient pas de véritable intérêt à poser un tel geste ;

- Le Parti Libéral du Québec serait en effet le parti politique le mieux organisé pour orchestrer un tel geste dû à son organisation et à ses techniques déjà connues de sabotage sur internet (voir ici sondage sur cyberpresse). Mais il faut admettre que le PLQ doit voir d`un bon œil la création d`un autre parti indépendantiste qui diviserait le vote des 40% de souverainistes entre le PQ, Québec Solidaire et le possible nouveau parti de Aussant, ce qui l`aiderait assurément à gagner un autre mandat.

- La Coalition de Legault pourrait aussi être une option, mais comme elle n`a pas encore de véritable organisation et qu`elle n`est pas encore officiellement un parti politique, je ne vois pas comment une telle action pourrait aider Legault qui est déjà fortement en avance dans les sondages.
- L`ADQ et Québec Solidaire peuvent être inclus dans la même catégorie car ils ne sont pas reconnus comme partis politiques à l`Assemblée nationale et ils n`ont aucunement d`organisations assez importantes en nombre pour s`occuper d`un tel dossier et cela ne leur rapporterait rien à court terme.
- Il y a aussi l`option que plusieurs individus auraient véritablement porté plainte de façon individuelle contre Jean-Martin Aussant… Mais pour cela il aurait inévitablement fallu que le député indépendant fasse une déclaration qui aurait choqué une bonne partie de la population et si tel aurait été le cas, nos médias fédéralistes n`auraient certainement pas manqué l`occasion de le rabrouer et de faire des liens douteux avec l`indépendance. J`exclus donc cette option.

Le PQ coupable ?

Revenons en arrière de quelques semaines, au 7 juin 2011 précisément. Le Parti Québécois était durement ébranlé suite à la démission de 3 députés de prestige en Pierre Curzi, Lisette Lapointe et Louise Beaudoin. Mais il faut avouer que le coup qui a fait le plus mal au parti de Marois est la démission de Jean-Martin Aussant, ce « jeune » député qui représentant la relève et qui était adoré de plusieurs au sein du caucus du PQ. Et Aussant, en larme lors de sa conférence de presse, a été clair et a fait très mal à l`entourage de Marois : il a affirmé qu`elle n’avait pas ce qu’il fallait pour mener le Québec à l’indépendance, rien de moins ! À ce moment, Jean Charest se frottait les mains, Legault s`imaginait déjà premier ministre et les souverainistes se questionnaient sur l`avenir de leur rêve et plusieurs se demandaient comment le PQ pouvait survivre si le clan Marois ne quittait pas le parti, chose qu`elle ne fera jamais car elle rêve trop au pouvoir…

Quelques jours plus tard, les colonnes du PQ subissaient un autre choc ; Aussant évoquait l`idée, et il se laissait l`été pour y réfléchir, de fonder un nouveau parti indépendantiste qui pourrait avoir comme base l`idée d`organiser une élection référendaire. Si ce scénario devenait réalité, il faut comprendre que l`aile « pure et dure » des péquistes changerait certainement de camp et infligerait le coup fatal au PQ, ce dernier étant pris avec les membres modérément souverainistes, les mous étant rendus avec Legault.

Depuis ce temps, Jean-Martin Aussant se cherche des appuis et il en trouve ; il ne faut pas oublier aussi les nombreux défaits du Bloc Québécois qui veulent s`impliquer dans la politique provinciale, mais au PQ plusieurs comtés sont déjà pris ou réservés.
Il suffisait aussi de visiter sa page personnelle de « Facebook » pour s`en apercevoir. De nombreux membres en règle du Parti Québécois, des centaines, ont écrit sans gêne sur son « mur » pour lui indiquer qu`ils lui donnaient leurs appuis et plusieurs indiquaient aussi leur désir de s`impliquer dans ce nouveau projet d`indépendance car eux aussi ne croyaient plus en l`option Marois. Le projet prenait donc de l`ampleur tranquillement, et ce, en grande partie grâce aux médias sociaux, dont « facebook »…

Et puis Jean-Martin Aussant se réveille un bon matin de juillet, tente de se connecter sur sa page personnelle pour y voir de nombreux nouveaux messages d`appuis mais il n`y parvenait pas. Il a sans doute réessayé quelques fois avant de comprendre ce qui venait de se produire : il était censuré (!) et il venait de perdre des centaines, voire des milliers de contacts qui lui auraient été plus qu`utiles dans sa quête de se bâtir un parti politique qui aurait plu à une grande partie d`indépendantistes désabusés des plans Marois et de sa dictature de parti.

Maintenant tout est à recommencer !

Alors je vous pose la question, pensez-vous que ce soit l`organisation péquiste qui a « conspiré » pour bloquer la page facebook de Jean-Martin Aussant ? Pour ma part, je n`y vois aucune autre
explication…

« Deux référendums ont été perdus parce qu’on a fait peur aux Québécois avec des arguments économiques bancals, voire carrément faux. Il est temps que cesse le mensonge » -Jean-Martin Aussant 21 juillet 2011

Mikaël St-Louis
21 juillet 2011